Episode 4: Le pays des Droits de l'Homme... et des devoirs de la Femme

02 Octobre 2014

                  Après vous avoir décrit certains aspects pratiques de la vie à la russe, je vais maintenant m'attarder sur un sujet qui ravira les féministes (ou pas): les inégalités homme/femme.
Mon souhait n'est pas de créer une polémique anti-machistes mais de faire un simple tour d'horizon des valeurs attribuées aux hommes et femmes russes.

Le temps où la Russie était forte et dominait laisse place à la nostalgie...

              La Russie Soviétique n'existe plus depuis une vingtaine d'années et cela n'est pas assez pour oublier le temps d'une Nation forte aux citoyens dévoués (enfin presque tous).
Cette histoire a laissé place à une grande culture de la virilité: celle des gros bras, des cracheurs de gros mollards, des gros plats de viande et des gros mots.

Ne vous méprenez pas, il s'agit là d'un cliché, l'on peut être un viril homme russe sans forcément être antipathique, cependant les muscles ajouteront toujours un plus certain. L'homme est le chef de la maison, pour plaire à une femme il doit correspondre à la notion quasi-absolue de sécurité. Cette sécurité est d'abord financière et matérielle avant d'être psychologique. Dans un pays où l'alcool national démarre à 40 degrés, il est compréhensible que Madame veuille être sûre de récupérer son mari quand le bar ferme et que plus il est imposant, plus les chances sont favorables.




L'homme idéal peut...

              Avoir une grosse voiture et un petit appart'; conserver la télécommande; gérer l'argent du foyer; être ivre mort 1 fois par semaine; toujours avoir des arrières-pensées....
Je pense que vous avez compris le principe. Encore une fois c'est un cliché de tout ce qui est communément accepté chez un homme.


La femme idéale doit être belle même quand elle porte une grosse chapka....

             Très chaud l'été et très froid l'hiver, que de challenge pour les femmes russes, pour qui l'élégance est primordiale. Savez-vous que pour une femme, s'asseoir par terre dans un espace vert est mal vu ?

Le culte de la beauté et de la grâce est initié très jeune et déjà dans les années lycées l'on voit apparaître de très hauts talons. La tendance s'intensifie ensuite pour atteindre son paroxysme à l'université, point d'orgue de l'expérience du célibat pour nombre d'étudiants. Et oui: après l'obtention du diplôme la prochaine étape est le mariage ! Une femme non mariée après 25 ans commence déjà à perdre de l'intérêt et à constituer un échec pour sa famille. De la même manière l'incapacité à procréer est une tragédie pour la famille des 2 mariés, bien plus que le fait de gagner un salaire misérable ou bien de vivre dans un endroit minuscule.

Nous l'avons déjà dit, une femme russe doit être en permanence tirée à 4 épingles, sans quoi elle risque de finir vieille fille. Cependant les critères de réussite au féminin ne se résument pas au physique: la belle-fille parfaite sait cuisiner, tenir la maison et s'occuper des enfants. Le fait qu'elle travaille ne diminue pas la liste.


Qui de la poule où de l'oeuf ?

               En ce qui concerne les arrières-pensées, cela peut être regardé de 2 manières, la première étant la plus évidente: l'amitié homme-femme n'existe pas et un homme ne sympathise avec une femme que dans la mesure où elle l'intéresse sexuellement parlant, l'intellect étant tout à fait secondaire chez ces gros machos primitifs.

Ou l'on peut considérer la chose d'un point de vue plus objectif en disant que dans la mesure où les femmes passent un temps considérable à se pomponner en acceptant le rôle de la sensualité avant tout, il est logique que les hommes les réduisent à cela. Tant que les femmes ne refuseront pas d'être réduites à leur physique en cessant d'y accorder autant d'importance, il sera facile pour les mâles de ne voir que l'aspect physique.

Un tel processus s'est produit dans les sociétés occidentales avec l'émancipation de la femme mais en France comme en Russie, le culte de la minceur photoshopée et contribue à faire reculer le processus dans le premier pays et à le freiner sérieusement dans le deuxième.


             N'oublions pas non plus que cet accent sur la virilité met une grande pression sur les jeunes garçons et ne laisse aucune place à l'homosexualité, encore perçue comme un vils.



Retrouvez la prochaine chronique jeudi prochain et en attendant rejoignez-nous sur 

acebook




Facebook/canardaw.comfrench